Karel Van de Weyer à l'Ironman Austria

Ils ont préparé leur Ironman avec Start Today

Nous avons accompagné deux athlètes dans la préparation de l’IRONMAN Austria-Kärnten, disputé le 26 juin dernier à Klagenfurt, sur les rives du très beau lac Wörthersee. Voici les récits de nos ironmen François Fouss et Karel Van de Weyer.

François Fouss, 65ème au général, 17ème de sa catégorie :

« Après un échauffement de quelques minutes dans une eau à une très bonne température de 22°, je me place dans l’immense file de départ de 2.900 partants du rolling start, en très bonne position, approximativement entre 50 et 80ème. Tout se présente vraiment bien. Le départ au compte-goutte me permet de rapidement trouver mon rythme et me concentrer sur ma nage. Je me sens bien. Les sensations sont bonnes avec uniquement quelques soucis de visibilité de par le soleil levant.

A la sortie de l’eau, premier (petit) coup au moral puisque je sors en 1h00, quelques minutes de plus que prévu avec mon coach. La transition, assez longue en distance, se passe normalement et je peux partir sur les 2 boucles de 90km à vélo (D+1650M).

Les 70 premiers km se passent très bien (un peu plus de 37 de moyenne) et les quelques bosses (assez raides mais courtes) me permettent de dépasser l’un ou l’autre paquet de triathlètes. Dès le 70ème km à vélo cependant, les choses se compliquent et des sensations nettement moins bonnes font leur apparition. Le 2ème tour (où j’ai vraiment été fort isolé) devient plus difficile et je décompte presque un à un les 45 derniers km de vélo, qui se passeront pour moi sous une pluie battante. A 1km de la fin du vélo, je me fais dépasser par un peloton d’une vingtaine de triathlètes pour lesquels la notion de drafting n’avait pas vraiment de signification.

Je pose le vélo en 4h53 et démarre le marathon après 6h01 de course. Génial, je suis de nouveau dans les temps prévus avec mon coach !

Mes mauvaises sensations sur une bonne partie du vélo me poussent très fort à ne pas démarrer trop vite le marathon. Je me stabilise rapidement en 4’15-4’20 au km. Je croise les premiers de la course (je pense me situer en 80 ème position en début de marathon), ainsi que les premiers de ma catégorie 35-39 ; ils tournent comme des machines. Les 1ers kms sont très durs moralement. C’est ma 4ème expérience sur complet (dont Embrun 2015), je suis déjà dans le dur et je n’avais jamais vu de telles « machines » sur le marathon dans ma catégorie d’âge (9 d’entre eux tourneront en moins de 3h00 sur le marathon !). Le reste du marathon se fait en arrivant au semi en 1h31, en tournant longtemps en 4’25/km puis en ralentissant malgré moi en 4’45/km avant de boucler les 3 derniers km en 4’55 au km, non sans terminer au sprint puisqu’il a fallu qu’un triathlète tente de me dépasser sur les 200 derniers mètres. La ligne est franchie en 9h13, pour un marathon en 3h11, un bon temps finalement. »

François Fouss à l'Ironman d'Autriche
François Fouss à l’Ironman d’Autriche

Karel Van de Weyer, 960ème et 142ème de sa catégorie ; c’était son premier Ironman :

« Après un an de préparation, le jour J est finalement arrivé : Klagenfurt sera le décor de mon premier Ironman. Ma seule expérience dans le domaine du triathlon était le semi de Belfort … Mon coach m’a dit que c’était possible donc … c’est possible ! Je pense, j’espère arriver endéans les 13 heures.

Réveil vers 4h du matin. Il est 5h30 quand je vais contrôler mon vélo dans la zone de transition et ajouter mes gourdes. Pneu arrière plat. Je le remplace vite et mets 08.50 bar. Au moment de remettre la chambre à air, le pneu explose. Autour de moi les gens rigolent : « Fallait mettre un moins de pression peut-être… ». Une chance j’avais deux chambres à air avec moi.  Gestion du stress au top, « le parc à vélo ferme dans 5 minutes » ne cessent d’hurler les haut-parleurs. Je remplace à nouveau la chambre à air et je cours vite au poste de réparation en acheter une de réserve pour l’emporter sur le vélo. Tout est prêt, mon cœur bat plus vite que nécessaire :-).

J’ai à peine le temps de nager quelques centaines de mettre pour m’échauffer.  Je me concentre très fort sur ma technique de nage pour me débarrasser des moments de stress que je viens de vivre. L’eau est chaude, 22°C.  Pendant l’échauffement, j’entends le curé local qui bénit les athlètes et la course … on est bien en Autriche.

Je trouve mon box pour le départ et je m’installe au début.  Je compte arriver entre 1h12 à 1h14. Le rolling start se passe très bien et voilà on est parti. J’ai toujours dit que je considérais la natation comme l’apéro et je nage bien sans me forcer, je me concentre sur la technique. Je prends un autre triathlète comme point de repère pour ne pas zigzaguer de trop. Je vois très difficilement la dernière bouée de la ligne.  Je me sens bien et c’est maintenant que je me rends compte que c’est parti pour une longue journée.  Un coup de pied d’un autre triathlète me fait perdre mes lunettes de natation, je les remets vite et j’entame le dernier km.  Je sors de l’eau en 1h13, première mission accomplie !  Ma compagne, Sarah, est là à la sortie de l’eau et la voir me donne confiance.

La T1 se passe lentement car je me bats avec ma tenue néoprène : 09’23’’.

Je pars pour les deux boucles de 90 km et 1.650 mètres de dénivelé positif.  Jamais dans ma vie je n’ai dépassé les 160 km.  Je me vide la tête, je commence à pousser et ça roule bien.  Je pense aux conseils de mon coach : bien boire, bien manger et rester en dessous de 115 BPM. Je suis ses conseils à la lettre.  Les kilomètres défilent rapidement.  Les montées sont assez raides mais pas trop longues et à chaque fois suivies d’une longue descente où on peut lâcher les chevaux.  J’arrive après 5h41 avec une moyenne de 31,6 km/h.

La T2 se passe très bien. En sortant du parc, Sarah me crie que les 2/3 sont dernière moi. Un boost à nouveau et je me lance dans le marathon. La consigne Start Today : les 21 premiers en dessous de 130 BPM et après je peux y aller pour faire un bon chrono. De nouveau, je suis à la lettre les instructions. Je mange et bois bien et je tiens mon rythme sans me soucier du timing. Après quelques kilomètres, mon pied gauche commence à dormir et ça ne passe pas … Au dixième kilomètre je me rends compte que c’est probablement à cause du chip 🙁 Je lâche la pression du bandeau et après quelques kilomètres de plus, l’endormissement est parti. Le diable est dans les détails !!!  En passant le cap des 21 km, je regarde le timing : 01h55. Je me sens pousser des ailes. J’essaie de me faire une idée du temps total mais je n’y arrive pas et je m ‘en fous. J’accélère légèrement jusque 140 BPM.  C’est au 36 km que j’ai un petit moment dur : les jambes résistent. Je ralentis jusqu’au km 38 et je repars en plein forme. Les derniers km je ne sens plus rien et je prends le dernier tournant vers l’arc en pleine vitesse.

Quelle émotion, après un an de préparation !!! 226 km de plaisir. Je ne vois plus rien sauf la ligne d’arrivée. Dans un coin j’entends mon nom, Sarah est là, quelle sensation. Puis la phrase mythique « YOU ARE AN IRONMAN ». Je suis rempli d’émotions. C’est à ce moment que je vois mon temps, 11h06, et je me régale … »

Bravo à François et Karel. Tous les deux nous prouvent que préparer avec succès une épreuve aussi exigeante que l’Ironman est possible même avec une vie professionnelle bien remplie.